Institut d'Ethique Contemporaine

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    Printemps arabe et théocratie

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    benmiled.faiza

    Messages : 1
    Date d'inscription : 08/12/2011

    Printemps arabe et théocratie

    Message  benmiled.faiza le Jeu 8 Déc - 17:20

    Dans le bassin méditerranéen, le "printemps arabe" a donné naissance au pire comme au meilleur. D'une part, l'émergence d'une démocratie balbutiante, d'autre part, la montée des extrémismes, plus ou moins radicaux ( Tunisie, Egypte, Libye, Maroc...).

    Sans pour autant fustiger un dogme sacré qui est l'Islam, nous récusons les courants obscurantistes qui risquent de faire régresser les libertés individuelles et publiques, de faire perdre des acquis chèrement obtenus comme le code du statut personnel en Tunisie voire de faire basculer toute une civilisation au temps des croisades, à une époque plus moyennâgeuse.

    Ayant été durement colonisés, astreints au silence de la répression sous le joug de dictatures consécutives, croulant sous le poids de l'ignorance, de l'inculture, de l'analphabétisme, des superstitions, d'une religiosité frileuse, d'une misogynie grandissante, d'une phallocratie certaine, d'une pauvreté et d'un chômage croissants, une frange de la population (qui varie d'un pays à l'autre), puritaine et conservatrice finit par se réfugier dans l'extrémisme.

    Cette révolte sourde se mue en une parole aliénée mais explosive. Traversant une crise d'identité, oscillant entre perturbation psychique douce ou violente, les extrémistes en mal de nobles causes, assoiffés d'idéal absolu, de certitudes intangibles, s'accrochent à la religion, dernier bastion de la pensée humaine actuelle. Plus ils rencontrent des critiques, plus ou moins virulentes, des résistances, plus ils deviennent vindicatifs et violents. Craignant de voir leurs convictions s'ébranler, ils en font encore plus et cela va crescendo. Le tout dans une bonne conscience car c'est au nom de la foi et de la religion.

    Face à cette frange de la population dont la proportion varie d'un pays à l'autre, se dresse un pan moderniste qui revendique la laîcité, la démocratie, la société civile, les libertés individuelles et publiques... Il est régulièrement taxé de mécréant, d'athée, d'ennemi de l'Islam, ce qui ne l'empêche pas de s'accrocher à ses acquis dans l'espoir de les préserver voire de les fructifier.

    Les modernistes sont en général de la tendance dite de gauche. Ils posent le problème suivant: s'étant toujours situé dans l'opposition, cette gauche, en mal de discours positif, constructif, se situe en réaction au mouvements extrémistes. Par là-même, elle se voit à la traîne, dans tous les sens qu'on lui imprime, sans fil conducteur personnel, s'embourbant dans des débats moralisateurs qui discréditent leur cause, leur font perdre de vue l'essentiel et les empêchent de marquer de leur sceau l'histoire.

    Entre les extrémistes et les modernistes, se situe une population qui se targue de s'emparer du fait politique dont elle a été si longtemps frustrée, dépouillée. Seulement, l'on est loin d'analyses scientifiques. On baigne dans le commérage politique. Il s'agit surtout de casser du sucre dans un esprit toujours insatisfait, en mal de décisions positives. Cette recrudescence du politique de basse extraction signe le déclin de la culture et de l'art, instaure, plus que jamais, la dictature de la rue, nourrit l'esprit obscurantisme et renforce les rangs extrémistes.

    Quoi qu'il en soit, nous faisons le pari de ne pas désespérer car nous sommes profondément convaincus que la démocratie est une bataille acharnée et ce, d'autant plus, qu'elle en est à ses premiers pas.

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