Institut d'Ethique Contemporaine

L'éthique est l'ensemble réfléchi de nos désirs. Elle répond à la question :Comment vivre ? ...


    Compte rendu: première réunion publique

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    Ab.
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    Date d'inscription : 01/10/2011

    Compte rendu: première réunion publique

    Message  Ab. le Dim 25 Mar - 0:21

    Après un rappel rapide de différents penseurs et courants philosophiques s'étant penchés sur la question de l'éthique le débat s'est engagé autour de la question de certaines personnes qui « choisiraient de vivre autrement ». Il a été porté à notre attention que l'on oubliait de donner une place à ces personnes qui décident de mener leur vie « sans déranger et sans faire de mal à l'autre ».
    Il était question de personnes qui épousent des philosophies et/ou des voies spirituelles différentes de nos systèmes de pensée et conceptions du monde occidentaux. L'acception de l'éthique ne se limiterait pas à sa définition occidentale. D'autres civilisations avancent des manières différentes d'habiter le monde.

    Une participante constatait que dans notre société actuelle il ne « ressortait » plus de valeurs. On n'énoncerait plus de valeurs et on en mettrait encore moins en avant. Il en résulterait une jeune génération perdue sans transmission de valeurs explicites. Le goût de la transmission des valeurs se serait perdu au profit de celui de la consommation.

    Le sujet de l'individualisme n'a pas tardé à faire son apparition dans le débat, et l'énoncé du mot ne mettait pas tous le monde d'accord sur une définition commune. La discussion s'est ainsi centrée autour d'aspects de l'individualisme jugés positifs: développement de soi, possibilité d'agir pour soi et ses proches, donner du sens à ses actes; et les aspects négatifs ont été moins cités: délaissement de l'autre, recul de la solidarité, égocentrisme, effritement du respect....
    La question du groupe social s'est posée parallèlement à cela. Son rôle a été abordé dans une acception répressive plus que comme un champ possible de réalisation de l'individu. Or sans l'autre, l'individu ne peut s'épanouir et le groupe doit permettre de vivre dans le bonheur. Ainsi s'est posé le sujet de l'articulation entre une éthique personnelle, plus ou moins déterminée par et dans le cadre plus large d'une éthique publique. Dans ce sens, un participant amène la question des comités d'éthique et l'idée que dans certains cadres, surtout professionnels, on en arrive à ce qu'un comité d'éthique « raisonne à la place de l'individu ». L'individu se plierait ainsi à une décision de groupe sans avoir l'espace de faire valoir le poids de son propre raisonnement. Mais l'avancée par rapport à une époque où les valeurs nous étaient imposées, réside dans le fait que nous vivons dans une époque où nous pouvons choisir nos règles de vie et groupes d'appartenance.
    Un autre participant regrettait l'absence de notre groupe de réflexion sur l'éthique, de personnes « prisonnières » de schèmes de fonctionnement qui ne leur permettraient pas d'avoir conscience de leur condition et donc d'y réfléchir et agir dessus.
    C'est suite à cela qu'est exprimée l'idée de la nécessité d'espaces et de lieux où « la personne existerait ». En d'autres termes, la personne a besoin pour se construire et prendre conscience de son existence, de lieux où elle pourrait s'exprimer. Ce participant proposait que cette voie de réalisation passe, entre autres, par l'art. L'art en tant que langage.


    En guise de conclusion et d'ouverture vers d'autres réflexions et actions, nous remarquons que la question de la responsabilité n'a pas du tout été soulevée. Il nous semble que le questionnement éthique engage aussi la question de la responsabilité. Il est simple de l'omettre que ce soit en actes ou en paroles, comme tend à le montrer l'absence de son évocation dans notre discussion. Mais plus compliqué d'en faire un élément essentiel dans nos comportements et raisonnements.

    Finalement ces échanges et réflexions collectives nous font penser à une des affirmations élémentaires de la sociologie qui depuis a bien cheminé: « A mesure que la société s'étend et se concentre, elle enveloppe de moins prés l'individu et, par conséquent, peut moins bien contenir les divergences qui se font jour. » En d'autres termes, dans nos sociétés industrielles cet encadrement moindre, laisserait l'individu face à la nécessité de trouver de nouveaux cadres de pensée et d'action qui peuvent apparaître comme déviants, par rapport à un fonctionnement jusque là régit par une norme et morale dominantes. En réalité ces actions et comportements sont vécus par les personnes elles mêmes comme de nouvelles variations de la liberté individuelle.

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